ÉPIDÉMIE GRANDISSANTE DE SOLITUDE
J’écoutais ce matin une émission de France Inter sur la solitude. Dans celle-ci, il nous est dit qu’au moins 25% des gens se sentent seuls et que cela peut avoir des répercussions graves et parfois même très graves sur notre santé non seulement mentale mais aussi physique.
Cependant, être seul n’est pas forcément négatif mais peut-être aussi un bon moment pour se déconnecter de tous les réseaux, les écrans, etc qui nous enchaînent à longueur de journées. Certaines personnes vont même dans des monastères pour pouvoir rester seules et même dans le silence pendant leur séjour. Il est vrai que ceux qui croient en Dieu et sont en recherche spirituelle, passeront volontiers du temps à méditer et réfléchir au sens de la vie, aux problèmes de notre société et aussi à leur raison d’être, leurs buts, leurs motivations. Cela demande du calme et parfois aussi d’être seul.
« Souffrir de la solitude est mauvais signe ; je n’ai jamais souffert que de la multitude. »
Je me souviens de l’anecdote du grand Rabbin Guigui de Bruxelles qui racontait qu’il était allé rendre visite à une dame âgée et quand il lui a demandé comment elle se portait, elle lui a répondu : « Nous allons bien tous les cinq. » Et quand le Rabbin lui a demandé si d’autres personnes vivaient avec elle, elle a répondu : « Non, il y a les quatre murs et moi. » Il disait que de nos jours, alors que le monde est plus connecté que jamais auparavant, les gens ne se sont jamais sentis aussi seuls.
On pense évidemment que cette solitude affecte en particulier les personnes âgées mais en réalité, elle nous affecte tous. En 1970, Gilbert Bécaud chantait: « La solitude, ça n’existe pas », dans laquelle il chante : « Si je veux je peux m'en aller à White, à Woodstock ou ailleurs; et y retrouver des milliers qui chantent pour avoir moins peur.” Et pourtant…n’avez-vous jamais été au milieu d’une foule de gens tout en vous sentant vraiment seul et ignoré ?
« Il y a dans chaque cœur un coin de solitude que personne ne peut atteindre. »
Selon des statistiques récentes, 71% des 18-24 ans se sentent souvent seuls. Ce serait notamment le résultat de la précarité qui leur empêche d’aller rencontrer d’autres personnes et d’établir des relations sincères, durables. Il y a aussi, évidemment, la crise d’adolescence qui fait que bien souvent, le jeune a peur ou même honte de révéler ses questions sur son identité ou ses angoisses pour le futur et souvent il reste seul car il a peur de ne pas être compris ou simplement entendu.
Il ne faut pas oublier le fait que les mesures de confinement pendant le COVID ont automatiquement limité nos contacts avec les autres. Certains lieux publics où les gens avaient l’habitude de se rencontrer comme les cafés, les restaurants et même certaines églises, ont dû fermer leurs portes et ne les ont pas rouvertes à la fin de la pandémie.
« En effet, Dieu lui-même a dit: Je ne te délaisserai pas et je ne t’abandonnerai pas. »
Tout récemment, les augmentations fulgurantes des prix des carburants font que certaines personnes y pensent à deux fois avant de prendre leur voiture ou leur moto pour aller visiter un membre de leur famille ou un ami pour briser cette solitude.
Mais il y a aujourd’hui une nation entière qui se sent seule, isolée et même rejetée par les autres nations. Il s’agit du petit pays d’Israël. En cette veille du 7 octobre 2026, certains vont peut-être se souvenir de ce qui s’est passé il y a exactement 3 ans et des nombreuses victimes qui souffrent jusqu’aujourd’hui d’avoir perdu un être cher dans des conditions horribles ou qui ont survécu mais sont mutilés, handicapés à vie sans parler de tous ceux qui souffrent de syndromes post-traumatiques.
La nation d’Israël se sent littéralement isolée sur la scène du monde, incomprise, rejetée et mise au banc des accusés. On l’a ainsi fait passer de victime à coupable, coupable d’avoir défendu son peuple et son pays. Mais comme dit si bien le proverbe : « Mieux vaut être seul que mal accompagné ».
« Il n’est pire solitude que celle qui naît de l’indifférence des autres »
Israël connait ses vrais amis, ceux qui lui restent fidèles même quand tous les autres l’abandonnent pour une raison ou une autre. C’est un engagement qui va au-delà des circonstances, un engagement qui reste fidèle envers et contre tout. C’est le genre d’engagement qu’avait pris Ruth envers sa belle-mère Naomi qui venait de perdre son mari et ses deux fils et se retrouvait seule : « Ton peuple EST mon peuple, et ton Dieu EST mon Dieu », pour le meilleur et pour le pire.
Luc HENRIST
6 octobre 2026