PEURS, CRAINTES ET ANXIÉTÉS
J’écoutais hier matin une émission de France Inter, intitulée “Les troubles anxieux explosent chez les jeunes, alimentés par les conflits géopolitiques, la pression scolaire, le dérèglement climatique ou encore les tensions familiales. Comment aider les adolescents et les jeunes adultes à mieux vivre avec leur anxiété ?”
Et je me suis posé la question: quand j’étais ado, il y a 50 ans, n’étions-nous pas, nous aussi, anxieux à cause de la situation politique, des conflits géopolitiques tels que la guerre des 6 jours en 1967 puis la guerre de Yom Kippour en 1973 qui a entrainé le premier choc pétrolier, sans oublier la guerre du Vietnam (1963-1975)? On nous parlait de la guerre du Biafra (1967-1970) qui a fait entre 1 et 2 millions de victimes. On nous montrait des images des enfants du Biafra qui mourraient de faim. Sans parler des catastrophes naturelles qui ont fait deux millions de victimes entre 1970 et 2019, surtout dans les pays pauvres. Et puis on a eu le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, qui a fait un million de victimes.
Donc, penser qu’il y a cinquante ans, les ados ou les jeunes étaient moins anxieux ou inquiets par toutes ces situations ne tient pas debout. Nous avons aussi vécu de front la crise économique qui a sévi de 1970 à 1990, entraînant dans sa suite l’inflation, une chute des taux de croissance, et une augmentation du chômage.
Le site de France Inter précise les opinions des participants à cette émission:
“L’anxiété n’est pas un trouble en soi, mais une émotion fondamentale héritée de l’évolution, qui permet à l’être humain d’anticiper les dangers et de s’adapter. « On fonctionne grâce à cette anxiété », rappelle Loïc Crobu, psychologue clinicien et psychothérapeute en Thérapie Comportementale et Cognitive (TCC) pour adultes et adolescents. Il souligne qu’elle est au cœur de notre capacité de survie et joue un rôle protecteur. Mais cette fonction peut se dérégler : lorsqu’elle devient excessive, persistante et incontrôlable, elle « dépasse nos capacités d’ajustement » et empêche de fonctionner normalement, précise Cyril Tarquinio, professeur de psychologie de la santé et de psychologie clinique et chercheur à l'université de Lorraine. Les deux spécialistes distinguent alors deux grandes formes : l’anxiété généralisée, faite d’inquiétudes constantes et diffuses, « la maladie du souci », selon Loïc Crobu et l’anxiété de performance, liée au regard des autres et à la pression de réussite.”
Contrairement aux ados et aux jeunes d’aujourd’hui, à notre époque, nous ne nous soucions pas du “réchauffement climatique” ou autres problèmes écologiques qui, semblent créer une anxiété grandissante chez certains, au point où, comme je le mentionnais dans mon article sur “L’intelligence Artificielle”, en Belgique (2023) un homme s'est suicidé après six semaines de conversations intensives avec le chatbot "Eliza", qui semblait valider ses angoisses écologiques et l'encourager à se suicider pour "sauver la planète".
Mais selon moi, la plus grande différence est qu’il y a 50 ans, l’Internet n’existait pas, ni les réseaux sociaux qui, comme je le mentionnais dans mon dossier sur les jeunes, sont devenus la première source d’information des jeunes, information souvent tendancieuse, réductrice, ou à sensation (pour donner des émotions). Voici un extrait de mon article:
“LES RÉSEAUX SOCIAUX
À travers les réseaux sociaux cependant, une forme de narcissisme s’est clairement répandue : le besoin de se mettre en avant, toujours de façon positive, est devenu la règle. On ne voit que de belles personnes bien habillées, conduisant les plus belles voitures et mangeant dans les meilleurs restaurants. On en est donc arrivés à mettre en évidence l’apparence qui compte plus que la personnalité ou le caractère de l’individu. Le rêve de beaucoup de jeunes aujourd’hui est de devenir une célébrité, un « influenceur » qui est adulé par des centaines de milliers de jeunes. Et ceux dont le corps ne suit pas les « canons de la beauté physique » se sentent évidemment exclus de tout ce beau monde… qui ne communique plus que par écrans interposés, donc le plus souvent par photos ou vidéos.”
“APPRENDRE À COMMUNIQUER AVEC LES JEUNES
Alors que faire, face à ce constat ? Tout d’abord, il faut avoir le courage d’en parler et ne pas penser que le problème disparaîtra en cachant sa tête dans le sable… Cependant, il est aussi vrai que souvent, les ados ne veulent pas parler de leurs problèmes, de leurs angoisses avec leurs parents par peur de ne pas être compris ou pire, d’être punis… En tant que parents, il faut donc rester ouverts au dialogue, même si ce que votre ado va vous dire va peut-être vous choquer… Essayez de ne pas être affecté par ce qu’il/elle vous dit et réagissez avec calme et compréhension. N’oubliez pas qu’à son âge vous avez peut-être fait pire, mais vous n’en avez pas parlé… Et si vraiment il n’y a pas moyen de communiquer, encouragez-le à parler avec quelqu’un auquel il a confiance (et vous aussi de préférence !).”
Bien entendu, cette émission radiophonique de France Inter ne mentionne jamais le fait que nous sommes des êtres non seulement fait d’un corps, mais aussi d’une âme et d’un esprit… Et c’est cette dernière partie de notre être qui besoin d’être nourrie spirituellement, c’est-à-dire, par Dieu Lui-même.
Il est évident que si on nie l’existence de Dieu, alors nous ne sommes que des animaux un peu plus sophistiqués que les autres qui naissent, qui se reproduisent et qui meurent…
« Il y a dans le cœur de l’homme un vide en forme de Dieu que rien de ce qui a été créé ne peut remplir, sinon Dieu lui-même »
La Bible nous dit que “Dieu a même mis dans leur cœur la pensée de l'éternité, même si l'homme ne peut pas comprendre l'œuvre que Dieu accomplit du début à la fin.” (Écclésiastes 3:11).
Et dans le Nouveau Testament, l’Apôtre Paul nous donne un remède aux inquiétudes:
“6 Ne vous inquiétez de rien, mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, dans une attitude de reconnaissance. 7 Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l’on peut comprendre, gardera votre cœur et vos pensées en Jésus-Christ.” (Philippines 4:6-7)
Donc, au lieu de ne penser qu’à leur bien-être physique et mental, que les ados et les jeunes apprennent aussi à nourrir leur esprit, cette partie de nous qui vivra éternellement.
Je ne veux pas terminer sans partager un extrait de cet excellent article sur La spiritualité des jeunes Américains, Culture pop et quête religieuse
“Une Église ouverte aux « signes des temps » peut et doit voir la Gen X pour ce qu'elle est : des jeunes êtres humains en quête de justice, de paix et d'amour, à qui l'Evangile est destiné.”
Luc HENRIST