RETOUR D’ISRAËL: RETOUR À LA TRISTE RÉALITÉ
Du 27 octobre au 3 novembre 2025, un groupe d’une cinquantaine de pasteurs et responsables spirituels venant des 4 coins du monde ont pu participer à un voyage en Israël.
Pour beaucoup d’entre eux, il s’agissait de leur premier voyage et pour d’autres le voyage dont ils rêvaient depuis de nombreuses années.
L’impression sur le terrain était tout sauf ce qu’on nous montre à la télévision : un pays florissant, un climat extraordinaire, des gens sympathiques et accueillants, des sites historiques et des musées très bien conçus et à la pointe de la technologie (comme le Musée Friends of Zion).
Et tout cela, en dépit de tout ce qui s’est passé depuis le 7 octobre 2023 quand 5000 terroristes du Hamas et civils palestiniens sont entrés de force dans le sud d’Israël, massacrant hommes, femmes, enfants et bébés d’une façon atroce et démoniaque. Depuis lors, plus de 1000 soldats israéliens sont tombés au front, à Gaza, alors qu’ils sont en train d’éradiquer une fois pour toute cette vermine, ce Hamas qui, soulignons-le, est considéré comme organisation terroriste par une trentaine de pays et par l’Union Européenne.
Nous avons entendu le témoignage poignant d’un jeune soldat israélien messianique qui, photos à l’appui, nous a montré, comment l’armée d’Israël (IDF) procède au nettoyage de cachettes de terroristes, contrairement à ce que nous disent certains « soldats anonymes » qui accusent l’armée d’Israël d’utiliser des palestiniens comme boucliers humains pour ce faire. Nous avons aussi rencontré des pasteurs d’assemblées messianiques qui sont composées non seulement de Juifs, mais aussi d’Arabes, de Druzes, de Kurdes et de Chrétiens des Nations. Et nous avons même rencontré à Nazareth, un Arabe chrétien (baptiste) qui nous a expliqué les tensions et difficultés que cette communauté peut rencontrer. Ils sont vus comme des traîtres par les autres arabes chrétiens (catholiques en majorité), par les musulmans et par certains Juifs. Nous devrions les soutenir. On a découvert qu’il existe une petite communauté de chrétiens évangéliques de 2000 personnes à Gaza. La vie n’est pas facile pour ces personnes.
Mais, pendant ce temps-là, en Israël, la vie continue, en dépit de l’angoisse des parents dont les enfants sont sur le front, des nombreuses familles endeuillées à cause du 7 octobre 2023 ou qui ont perdu leur fils au front. On sent le trauma dans pratiquement toute la population. Une psychiatre, que j’appellerai Julie et qui faisait partie de notre voyage m’a dit : « Le pouls d’Israël est sa Résilience. Ils ont en Israël le meilleur programme militaire pour le PTSD « le sixC» qui a rajouté un 3ème pilier : servir le groupe au plus tôt après le trauma, pour ne pas sombrer dans la sidération du traumatisme. Ce programme met en garde contre la trop grande compassion qui surprotégerait les victimes et les cristalliserait dans un trauma chronique. Les survivants de la Shoah ont reconstruit ainsi ! “
« La haine victimise mais ne construit pas »
En parlant de la Shoah, nous avons eu l’occasion de rencontrer le fils de survivants de la Shoah au Musée Yad Vashem qui nous a beaucoup émus, justement parce qu’il « n’en remettait pas une couche » pour nous faire pleurer mais racontait tout simplement les faits.
Yad Vashem: En bleu: population juive AVANT la guerre. En noir, les Juifs déportés/exterminés…
Nous sommes aussi allés sur le site du Festival de musique Nova où 378 jeunes ont été massacrés par les terroristes (344 civils et 34 gardes de sécurité) et où nous avons entendu le témoignage d’une jeune survivante de cette horreur. Voici ce qu’en dit Julie, la psychiatre qui était avec nous : « Le deuxième point est le respect du deuil et du défunt …rien n’est déshumanisé. L’identité, rappeler sa vie, son sourire… On le voit beaucoup dans le mémorial de Nova, la place des otages à Tel Aviv, ou le mémorial de la route avec les voitures calcinées (impressionnante ressemblance avec l’empilement des chaussures des victimes des camps). Ils mettent un point particulier au travail de mémoire ! »
Sur le site du Festival NOVA: “Vous vous trouvez dans une zone sous la menace de tirs de rockets. Le temps pour atteindre l’abri est de 15 secondes…”
Et puis, on revient en Europe où déjà le jeudi 6 novembre, des gens qui détestent Israël font irruption dans la salle de la Philharmonie de Paris où jouait un orchestre israélien. Une femme se lève, hurle « Israël assassin » et jette des tracts jaunes sur lesquels est écrit « Israël, tu joues la symphonie de ton armée génocidaire » . « Cinq, peut-être dix minutes plus tard, l’orchestre s’est interrompu de nouveau. J’ai vu un jeune homme brandir un fumigène depuis les gradins, il y avait des flammes, c’était impressionnant, raconte Valérie (elle a souhaité garder l’anonymat). Puis arrive le 9 novembre (1938), la “nuit de cristal” pendant laquelle 1400 synagogues ont été incendiées en Allemagne et en Autriche, 7500 vitrines de commerces juifs ont été brisées (d’où le nom de “cristal”) et près de 30.000 Juifs ont été envoyés en camps de concentration. Le lendemain, 10 novembre était un jour férié pour célébrer la naissance de Martin Luther (né le 10 novembre 1483). Le 11 novembre 1918, souvenir douloureux de tous ces combattants de la première guerre mondiale qui a fait 10 millions de morts. Mais dont très peu honorent encore la mémoire. Ensuite on se souvient du 13 novembre 2015, souvenir encore plus douloureux (parce que plus proche de nous) : l’attentat du Bataclan à Paris. La France est attaquée par trois commandos islamistes qui font en tout 130 morts et 413 blessés…
« Israël est attaquée et se défend. L’Europe est aussi attaquée par le terrorisme mais semble paralysée ou léthargique »
En conclusion, Julie nous dit : « Si j’écrivais une note médicale j’écrirais :
« Israël : patient de très bon contact, accueillant et souriant, au discours fluide et cohérent, sans dispersion, avec un bon esprit d’analyse et d’insight. Il a de bonnes capacités de résilience et de sublimation notamment dans servir les autres.
Le patient ne sombre pas dans la victimisation sans être pour autant dans le déni de sa souffrance. Les propos d’amertume et de haine ne sont pas au premier plan, voire apparaissent peu dans les personnes rencontrées .
Il respecte son héritage familial et ses racines culturelles sont très fortes et donc un fort pilier protecteur. La foi est parfois édifiante et constructive selon les personnes. »
Je conclus avec ce passage d’Ésaïe 54 :
« 7 Pendant un court moment je t'avais abandonnée, mais c’est avec une grande compassion que je t'accueillerai.
8 Dans un débordement de colère, je m’étais un instant caché à toi, mais avec un amour éternel j'aurai compassion de toi, dit l'Eternel, Celui qui te rachète. »
Luc HENRIST, 11 novembre 2025